| Page précédente | . . . . | Retour Accueil | . . . . |Page suivante |

La route d'Hannibal

Les routes de plaines

Il ne nous est parvenu que peu de renseignements sur l'état des routes à l'époque d'Hannibal. Mais on peut imaginer qu'il existait des pistes plus ou moins bien tracées sur les grands axes de circulation. Entre Narbonne et Nîmes, un chemin gaulois devait notamment suivre le tracé de la future Via Domitia qui sera construite un siècle plus tard. On sait que cette route continuait à travers le Lubéron pour rejoindre la vallée de la Durance. Elle menait en Italie par le col du Mont-Genèvre.

Dans ce secteur, la deuxième grande route gauloise remontait la rive gauche du Rhône sur l'emplacement de la future via Agrippa et reliait Arles ( Arelato) à Vienne (Vigenna). Il existait certainement sur cette route des sections pavées ou très bien entretenues, car elle servait à disperser dans l'intérieur de la Gaule le florissant commerce du port de Marseille (Massilia).

Il est possible que certaines sections fussent suffisamment larges pour permettre le croisement de chars. Cette route en très bon état le long du Rhône va permettre à Hannibal de joindre Valence depuis Avignon en seulement 4 jours.
La route entre Valence et Grenoble sur la rive gauche de l'Isère ne devait certainement pas avoir les mêmes qualités. D'ailleurs, les 140 km pour atteindre le pied de la "montée" se feront en 10 jours.

Les routes de montagnes

Les routes de la vallée du Drac devaient peut-être comporter des secteurs qui ne permettaient pas de faire passer les chars par manque de largeur. Cette route était toutefois très fréquentée, car elle permettait à Vienne et à Grenoble de rejoindre la route de l'Italie. La haute vallée de la Durance ne devait pas poser de gros problème jusqu'à Briançon. Par contre, la montée au col de Mont-Genèvre est assez escarpée sur le versant français.


Les profondes vallées alpines permettent des
incursions faciles dans les Alpes.

La progression

On imagine bien que les routes de cette époque fussent plus que rudimentaires, mais ce qui nous intéresse, c'est de connaître la vitesse de déplacement d'une grande armée sur ces chemins gaulois. Si on prend la moyenne de progression journalière d'Hannibal lors de sa traversée, on obtient environ 15 km/jour. D'autre part, Polybe considère que la vitesse de déplacement moyenne d'une armée et de 100 stades/jour soit entre 17 et 18 km/jour. Les deux facteurs qui réduisent la vitesse de progression, mise à part la qualité du chemin, est d'une part le nombre d'éléments de l'armée, et d'autre part, la longueur de la journée. Lors d'une journée de fin septembre, on ne peut profiter de la lumière du jour qu'entre 7 heures du matin et 7 heures du soir soit 12 heures. Étant donné qu'une armée de 60 000 hommes marchant en rangs de 3 de front va s'étirer sur près de 45 km, et si la caravane ne doit pas s'étaler durant plus de 12 heures le long de la route, cela limite l'horaire de marche effective à 4 heures, soit environ un déplacement de 15 km.
En effet, lorsque les premiers arrivent à l'étape suivante vers 11 heures du matin, seulement 1/3 de l'armée est sur la route, la plus grande partie est encore sur le lieu de l'étape précédente en train de préparer son départ. Les derniers ne pourront partir que vers 14 ou 15 heures et arriveront de nuit vers 19 heures. Comme la caravane n'a pas la possibilité de s'étaler sur la distance, elle s'étale dans le temps.
La partie des troupes qui a effectué son déplacement durant la matinée a pour mission d'utiliser l'après-midi pour établir le camp et de prospecter les alentours afin d'effectuer le pillage indispensable à l'alimentation des troupes. Il est d'ailleurs possible que sur certaines portions du parcours, la caravane se soit divisée en plusieurs morceaux répartis sur deux, voire trois étapes.

 

 

 

La plaine du Rhône et Arles

 

 

La grande lieue gauloise

Terra Antiqua
(géographie antique)

 

On peut imaginer qu'Hannibal avait une connaissance assez précise de la configuration des vallées alpines et qu'il avait une carte assez proche de celle-ci représentant les principaux passages.
Agrandir la carte


| Page précédente | . . . . | Retour Accueil | . . . . |Page suivante |