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La fuite vers le nord

A peine Hannibal eût-il franchi le Rhône, qu'on lui apprend que P. Cornelius Scipion se trouve avec ses deux légions dans la plaine de la Crau , au nord de Fos. Hannibal a dû certainement être envahi d'uen certaine anxiété, car son armée n'a pas encore fini de traverser le fleuve, une partie a disparu dans les noyades et les rudes combats contre les Celtes, et le reste des troupes sort très éprouvé de cette épreuve. Il ne se sent certainement pas prêt à cet instant à affronter une grande armée déterminée au combat. On imagine très bien que si la nouvelle lui était parvenue la veille, alors qu'il se trouvait encore sur la rive droite du Rhône, il n'aurait certainement pas traversé le fleuve dans de telles conditions, mais choisi d'abandonner la route directe et de remonter la rive droite suffisamment loin pour envisager une traversée dans une contrée où les habitants lui sont plutôt favorables et surtout à l'abri d'un assaut des légions romaines.

Le fait qu'Hannibal ait traversé le Rhône dans les environs d'Avignon dans d'horribles conditions prouve bien que son projet initial était bien de continuer droit devant lui par la route directe de la vallée de la Durance. En effet si son projet consistait à remonter la vallée du Rhône comme il va le faire par la suite, il serait resté sur la rive droite, à l'abri des peuplades hostiles et aurait ainsi pu traverser après le confluent de l'Isère dans des conditions fluviales nettement plus favorables et sur un territoire amical. On peut en déduire aussi que si Hannibal avait planifié de remonter la vallée de la Durance, c'est qu'il avait prévu d'arriver en Italie par la vallée de la Doire Ripaire.

Une fois sur la rive gauche, il a bien fallu prendre une décision rapide. Hannibal estime à quatre jours de marche la distance qui sépare les deux armées. Que faire ? Continuer la route en direction du Lubéron et courir le risque d'un l'affrontement avec les Romains ? Passer au plan B, abandonner la voie directe et remonter le Rhône au plus vite, fuir le combat et trouver une nouvelle route plus au nord ?

Scipion en apprenant qu'Hannibal vient de passer le Rhône, ordonne aussitôt aux légions de marcher sur les Cartaginois. Il envoie en éclaireurs trois cents cavaliers pour sonder les intentions d'Hannibal. Dans le camp carthaginois, c'est la cavalerie numide qui est chargé d'affronter l'adversaire. Les cavaliers d'Hannibal subissent d'assez lourdes pertes. Cet épisode malheureux va certainement rendre Hannibal très prudent. L'arrivée d'un petit roi de Gaule cisalpine qui vient lui offrir ses services comme guide va aussi accélérer la décision dHannibal sur le trajet qu'il doit maintenant vite choisir.

Hannibal choisit finalement de changer ses plans : il se détourne de la voie directe par la gauche et décide de rejoindre les Alpes en remontant le Rhône, en direction du territoire des Tricastini et des Voconces, peuplades moins hostiles à son passage. Il sait qu'il risque d'être pris en chasse par P. Cornelius Scipion. Il va donc demander un grand effort à ses soldats en enchaînant quatre très grosses étapes qui vont le mener dans les environs de Valence, au confluent du Rhône et de l'Isère.

 

Afin de mieux suivre les péripéties
d'Hannibal dans les Alpes,
vous trouverez sur toutes les pages
ces deux liens de référence.

Le texte de Polybe

Le texte de Tite-Live

Hannibal s'apprête à traverser le Rhône. Face à lui, le mont Ventoux, premier contrefort des Alpes,
matérialise la limite entre les peuplades plutôt hostiles et celles moins hostiles.